Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Trente-troisième apparition: Ne pas remettre à plus tard sa conversion
Ceux qui aiment assez peu le bon Dieu pour ne vouloir se convertir qu’à la fin de la vie se préparent, au moins, un très douloureux purgatoire. Ils n’obtiendront leur pardon qu’à ce terrible prix. Le père Jean Corneille, s.j., avait un dévouement sincère pour les âmes des défunts II avait un grand nombre de pratiques quotidiennes destinées à lui rappeler leur souvenir. Outre ses fréquentes prières, il offrait pour elles le saint sacrifice de la messe quatre fois par semaine. Or, pour lui faire connaître le grand soulagement qu’il leur procurait, Dieu permit à plusieurs de ces âmes de lui apparaître, soit pour le remercier, soit pour solliciter ses suffrages. L’apparition du baron Sturton est restée fort connue, parmi les fidèles d’Angleterre, et elle leur fut une leçon précieuse. Dorothée Arundell en fut témoin et elle l’a racontée dans un petit écrit ainsi conçu : « Un jour, ma mère pria le Père Corneille d’offrir le saint sacrifice pour son premier mari, le baron Jean Sturton. Il le voulut bien, et à l’autel, il resta longtemps en prière. La messe terminée, il raconta qu’il avait eu une vision : Devant lui s’étendait une forêt immense qui n’était que feu et que flammes, et au milieu, s’agitait le baron, poussant des cris lamentables, pleurant, s’accusant de la mauvaise vie qu’il avait menée pendant plusieurs années ; surtout il s’accusait d’avoir été l’un des quarante-sept, que l’impie reine Elisabeth avait choisis pour condamner à mort l’innocente reine d’Écosse, Marie Stuart. Après tous ces aveux, le baron s’était écrié : « Pitié ! pitié pour moi ! vous du moins qui êtes mes amis ; car la main du Seigneur m’a frappé. » Et il disparut. Le père pleurait beaucoup en racontant cette vision, et toute la famille du baron, au nombre de vingt-quatre personnes, mêlait ses larmes aux siennes. Le servant de messe – qui fut un de ceux que la reine Élisabeth fit mourir, avec le père Corneille, en haine de la foi catholique -, ainsi que moi-même, aussi bien que tous ceux qui assistaient au divin sacrifice, nous aperçûmes, au même instant où le père avait sa vision, comme un reflet de charbons ardents, sur le mur auquel était adossé l’autel. » Pour comprendre la raison de ces tourments, il est bon de se rappeler ce qu’a écrit le Père Guillaume Westen, s. j., qui se trouvait à Londres à la mort du baron : « Ce gentilhomme, a-t-il écrit, était un de ceux qui cachaient un prêtre catholique dans leur maison, au prix des plus grands dangers, et vivaient en protestants, se réservant de mettre ordre à leur conscience au moment de la mort. Mais, surpris par un accident, il n’avait pas eu le temps de se confesser. Cependant, Dieu, dans sa miséricorde et pour le récompenser d’avoir longtemps caché le prêtre, lui avait inspiré la contrition parfaite, et l’avait ainsi sauvé de l’enfer ; mais lui laissait un long et cruel purgatoire. » Secourons les pauvres défunts et nous ne perdrons pas notre récompense. Quelle folie aussi que de remettre sa conversion à la mort ! Ne soyons pas assez mal avisés pour exposer ainsi notre salut.
Mardi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans le couronnement d’épines,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui devrait, la dernière, sortir de ces souffrances,
afin qu’elle ne doive point attendre si longtemps
pour vous louer et vous bénir dans votre gloire pour l’éternité. Ainsi soit-il.
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.
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