Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Quatre-vingt-dix-neuvième apparition : Porter les fardeaux les uns des autres
Le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, s. j., avait une grande dévotion pour les défunts. Il priait et se mortifiait beaucoup pour leur soulagement. Il avait à la cour de Madrid, parmi ses pénitentes, une dame de qualité d’une haute perfection. Cette dame tomba dangereusement malade, d’une fièvre maligne, à laquelle les médecins ne pouvaient trouver de remède. Avertie du péril de mort où elle se trouvait, elle en fut accablée de chagrin, surtout par la crainte du purgatoire. Le père Eusèbe fit tout son possible pour lui donner du courage, de la soumission à la volonté de Dieu. Mais elle, toute troublée et terrifiée, différait de jour en jour à recevoir les sacrements, jusqu’à ce qu’elle tomba en léthargie, privée de toute connaissance, et prête à expirer. Le père, alarmé, se retira dans une chapelle voisine, et dit sa messe avec grande ferveur, priant Notre-Seigneur de rendre la connaissance à la malade, afin qu’elle pût recevoir les sacrements, avec de meilleures dispositions, avant de paraître devant lui. Il s’offrit à souffrir lui-même, durant cette vie, les tourments qui étaient réservés à la mourante au purgatoire. Dieu exauça sa prière si charitable. La messe était à peine achevée, que la dame revint à elle et si changée de dispositions, qu’elle demanda les sacrements et les reçut avec ferveur. Quand le père Eusèbe lui eût assuré qu’elle ne devrait plus craindre le purgatoire, elle se soumit à la mort et expira dans la plus parfaite tranquillité. A partir de cet instant, et pendant seize ans que vécut ce bon religieux, sa vie ne fut plus qu’un long martyre ; aucun remède ne pouvait soulager ses horribles douleurs. Ses prières continuelles n’étaient pas moins profitables aux âmes du purgatoire. Il avait un chapelet très riche en indulgences. Il eut le chagrin de le perdre. Le soir, il se mit à genoux, avec un grand désir de gagner, pour ses chères âmes, les indulgences de son chapelet tant regretté. Il priait avec ferveur, lorsqu’il entendit tout à coup, au plafond de sa chambre, un bruit singulier : il lève les yeux et voit tomber son chapelet. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes qu’il soulageait, qui le lui eussent rendu. Avec quelle ferveur il continua de le dire, surtout après une telle merveille.
Lundi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans sa cruelle flagellation,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est le plus près d’entrer dans votre gloire
afin qu’elle commence bientôt à vous louer
et à vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.
En savoir plus sur ICRSP - diocèse d'Orléans
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
