Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Cent-unième apparition: Le se cours des âmes délivrées du Purgatoire
La Sainte Écriture nous raconte que plusieurs fois, des légions d’anges volèrent à la défense des Israélites, contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie. De même, dans les annales de l’Église, nous lisons plus d’un miracle de ce genre, de la part des âmes du purgatoire, en faveur des princes qui les soulageaient. Eusèbe, duc de Sardaigne, fut un de ces protégés. Ce prince était si dévoué aux âmes du purgatoire, que, à part les aumônes considérables qu’il faisait à leur intention, il leur avait consacré tous les revenus d’une ville entière, où la piété était en honneur. On l’appelait pour cela : “Ville de Dieu”. Tout l’argent qui en provenait, taxes, etc., servait à l’entretien d’un certain nombre de prêtres, chargés de célébrer tous les jours des messes en faveur des défunts. Le démon ne put souffrir une si sainte chose, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de vains prétextes. Ostorge assiégea la Ville de Dieu et s’en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva un aussi grand chagrin que s’il eût perdu la moitié de ses états. Aussitôt, il se résout à tout entreprendre pour chasser l’ennemi de cette place. Son armée était beaucoup moins nombreuse que celle des Siciliens ; mais il se mit cependant en marche. Tout à coup, les sentinelles avancées aperçoivent, au loin, de nombreuses légions de cavalerie et d’infanterie, vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit. D’une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l’autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il se décide à envoyer quatre hérauts d’armes pour voir ce que c’était. Dès qu’ils furent à peu près à égale distance entre les deux armées, quatre hérauts des nouveaux venus vinrent à leur rencontre et les saluèrent en disant : “N’ayez pas de crainte : nous sommes l’armée du Roi du ciel, et nous accourons au secours de votre prince : qu’il s’avance avec confiance.” Le duc s’avança et joignit ses soldats à ceux que le ciel lui envoyait miraculeusement. Dès qu’Ostorge aperçut ces troupes inconnues et si extraordinaires, il fut saisi de terreur. Ses éclaireurs lui rapportèrent que ces nouveaux soldats ne pouvaient venir que par miracle, personne dans le pays ne pouvant dire qui ils étaient, d’où ils venaient, ni comment ils étaient venus. En même temps, des hérauts du duc vinrent le sommer de rendre la Ville de Dieu. Il s’empressa d’en sortir, de réparer les dommages et de se retirer en toute hâte. Eusèbe rendit ses actions de grâces au bon Dieu et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : “Sachez, prince, que ces soldats, que vous voyez, sont les âmes que vous avez tirées du purgatoire, par vos prières et vos bonnes œuvres. Le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans ce besoin. Continuez donc cette charitable dévotion et n’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel.” Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit Dieu, qui n’abandonne jamais ses serviteurs. Faisons donc beaucoup, nous aussi, pour les défunts, puisque nous en serons si heureux surtout à la mort, où ils nous protégeront certainement.
Mercredi
Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous en conjure
par le Sang précieux que votre Fils Jésus a versé
en portant la croix dans les rues de Jérusalem,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est, devant vous, la plus riche en mérites,
afin qu’élevée très haut dans la gloire qu’elle attend,
elle vous loue et vous bénisse dans l’éternité. Ainsi soit-il.
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.
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