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Mois des âmes du purgatoire : 10ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent sixième apparition : Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu.
L’ange Raphaël, envoyé au jeune Tobie, lui recommanda l’aumône et le soin des morts. On lit, à ce sujet, un fait très intéressant, dans les annales des pères Augustins-Déchaussés. Lors de la fondation du couvent de Sainte-Marie, à Anersa, le père Hilarion de Saint-Antoine, religieux de grande vertu, qui présidait aux travaux, s’était retiré dans un hospice, près de l’église de Saint-François, où il célébrait la messe tous les matins. Un jour, un bon laïc, du nom de Jean-Baptiste, employé lui-même à la construction, voulut le servir à l’autel ; il y communia pour les âmes du purgatoire. Hilarion l’invita à son modeste repas, et Jean-Baptiste accepta. Comme il entrait à l’hospice, il trouva, dans la cour intérieure, un jeune homme d’agréable aspect, richement vêtu, qui demanda à parler au P. Hilarion, sur un sujet important. Celui-ci descendit vers lui et le jeune homme lui demanda, pour l’amour de Dieu, de lui donner à manger des aliments de sa table. Cette demande étonna le religieux, parce que celui qui la faisait paraissait plus en état de faire l’aumône que de la demander. Cependant, il courut au panier, où il mettait son pain. Le premier pain qu’il en tira était le meilleur. Il eut la pensée d’en prendre un moins bon, mais il se dit : « Pourquoi ne pas donner celui-ci ? Celui qui donne aux pauvres prête à Dieu. Qui sait si ce beau jeune homme, qui est entré là, toute porte étant fermée, n’est pas un ange de Dieu ? » Il prit donc le plus beau pain, y ajouta la meilleure partie de son repas, et lui envoya le tout, en le faisant prier de l’excuser de ce peu de chose, qui était cependant ce qu’il avait de mieux. Dès que Jean-Baptiste eût porté ces provisions, le père et lui se mirent à dîner ; mais sans manger beaucoup. Ils étaient inquiets, ne comprenant pas comment cet étranger, d’un air si distingué, avait pu entrer dans cette cour parfaitement fermée. « Il est si beau disait le religieux, que ce pourrait être un ange envoyé du ciel. – Et pourquoi, ajoutait Jean-Baptiste, ne serait-ce pas aussi bien une âme du purgatoire ? » Quand on jugea que le jeune homme devait avoir fini de dîner, Jean-Baptiste descendit pour le saluer et s’informer de lui. L’étranger se leva à son approche et lui dit : « Eh bien ! mon frère, rendons grâce à Dieu : récitons un Pater et un Ave en faveur des âmes souffrantes. » Et aussitôt, se mettant à genoux, il joignit les mains, leva les yeux au ciel, et récita ces deux prières avec une admirable piété. Puis il se dirigea vers la porte de la cour. Prenant la main de Jean-Baptiste, il ajouta : « Allez dire au père Hilarion que je suis son père. Qu’il cesse de prier pour moi : je n’ai plus besoin de rien ; je monte au ciel à l’instant même. » Et il s’évanouit, comme un brouillard dissipé par le soleil. Jean-Baptiste restait cloué à sa place, par l’étonnement et l’émotion. Il essaya d’appeler le P. Hilarion ; mais il ne pouvait plus parler. Le religieux, étant descendu voir ce qui pouvait tant le retarder, il le trouva étendu sans connaissance. Il eut bien de la peine à le faire revenir, et ce ne fut pas sans une extrême émotion, qu’il entendit le récit de cette apparition. Avec Jean-Baptiste, il bénit le Dieu de miséricorde, qui avait daigné faire un si consolant miracle, où l’âme de son père s’était fait voir avec quelque chose de la beauté des élus. Quelle fut la joie du P. Hilarion d’avoir été si généreux pour son bien aimé père ! Il conserva précieusement les assiettes dont le défunt s’était servi. Les mêmes chroniques rapportent que la personne qui payait la construction de ce couvent, ayant un fils mourant, on lui fit prendre un léger aliment sur l’une de ces assiettes, et qu’il fut instantanément guéri. Ne succombons pas à la tentation de donner en aumône ce que nous avons de moindre, ou en trop petite quantité. Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu. Imitons le P. Hilarion ; donnons ce que nous avons de mieux ou en quantité suffisante, selon nos moyens, et tôt ou tard, nous nous réjouirons, comme lui, de l’avoir fait. .

Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.


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