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Mois des âmes du purgatoire : 16ème et 17ème jours

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent seizième et cent dix-septième apparitions : Piété filiale et amour paternel

Si nous aimons Dieu, nous devons faire notre possible pour délivrer les âmes du purgatoire, qui sont ses enfants bien-aimés. La charité nous fait surtout une obligation de prier pour nos parents. Le P. J.-B. Manni raconte beaucoup de traits à ce sujet surtout ceux-ci, de deux reines, dont l’une délivre sa mère, et l’autre, sa fille. Sainte Élisabeth, fille d’André, roi de Hongrie, avait une très vive dévotion pour les défunts. Elle préparait elle-même des suaires pour ensevelir les pauvres, payait leurs funérailles, les accompagnait au cimetière, priait surtout pour eux. Lorsque mourut Gertrude, sa mère, elle ne cessa d’offrir pour elle mortifications, prières, aumônes. Elle faisait surtout dire des messes. Une nuit, après tous ses pieux exercices, cette sainte s’était couchée, et elle allait s’endormir, lorsqu’elle vit paraître devant elle sa pauvre mère, vêtue de deuil, le visage triste, désolé, suppliant. La défunte se mit à genoux et lui dit : « Ma fille, vous avez à vos pieds votre mère accablée de douleur, qui vient vous conjurer de multiplier vos suffrages, afin d’être délivrée des tourments épouvantables qu’elle souffre. Oh ! au nom des veilles et fatigues que m’a coûtées votre éducation, je vous supplie de tout faire pour me tirer des supplices où je suis plongée. » Élisabeth, émue autant qu’épouvantée, se lève promptement pour prier, pleurer, se frapper de durs coups de discipline, en présence de Notre-Seigneur. Le sommeil la surprit dans ces actes de charité, qu’elle ne voulait pas interrompre. Or, sa mère revint alors ; mais toute différente ; elle était vêtue de blanc, joyeuse, rayonnante de joie. Elle lui rendit grâces, avec effusion, de lui avoir si promptement ouvert les portes du ciel, où elle s’envolait, puis elle disparut.

Vendredi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre divin Fils Jésus a, en ce jour, sur l’arbre de la croix, versé de ses mains et de ses pieds,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle pour laquelle je suis tenu de prier davantage,
afin que ce ne soit point par ma faute qu’elle n’entre pas aussitôt
dans votre gloire pour vous louer et vous bénir éternellement. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Une autre sainte Élisabeth, reine de Portugal, ne fit pas moins pour sa fille, la reine Constance. Cette jeune princesse était reine de Castille. Or, une mort inopinée l’enleva à l’affection de sa famille et de ses sujets. Élisabeth venait d’apprendre ce malheur, et elle se rendait dans la ville de Santarem, lorsque, passant près d’un bois, un ermite en sortit et se mit à courir derrière le cortège royal, en criant qu’il voulait dire un mot à la reine. Les gardes le repoussaient ; mais, la sainte l’ayant entendu, donna ordre qu’on le lui amenât. Dès qu’il fut en sa présence, il lui raconta que plus d’une fois, pendant qu’il priait dans son ermitage, la reine Constance lui était apparue et l’avait conjuré de faire savoir à sa mère qu’elle gémissait au fond du purgatoire, et qu’il fallait faire dire la messe pour elle, tous les jours, pendant un an. Sa commission faite, l’ermite se retira et ne parut plus. Les courtisans, qui avaient entendu l’ermite, s’en moquaient tout haut et le traitaient de visionnaire, d’intrigant ou de fou. Élisabeth, se tournant vers le roi, lui demanda ce qu’il en pensait. « Je crois, dit-il, qu’il est plus sage de faire ce qui vous est marqué par cet homme extraordinaire ; après tout, faire dire des messes pour notre chère fille défunte est très paternel et très chrétien. » Un saint prêtre, Ferdinand Mendez, fut chargé de les dire. Au bout de l’année, Constance se fit voir à sa sainte mère. Elle était vêtue de blanc, éclatante de lumière, et lui dit : « Maintenant, ô ma mère, je suis délivrée des tourments du purgatoire, et je m’envole vers la béatitude éternelle. » Cette vue et cette assurance remplirent Élisabeth de bonheur. Or, elle avait oublié les trois cent soixante-cinq messes qu’elle avait fait dire pour sa défunte fille. Elle se rendit à l’église pour remercier le Seigneur de la délivrance de sa fille, et y trouva le prêtre Mendez, qui lui apprit qu’il avait fini la veille, de dire ses trois cent soixante-cinq messes. C’était juste le jour où Constance était apparue, montant au ciel. Élisabeth se rappela alors la rencontre de l’ermite et ce qu’il lui avait révélé. En action de grâces, elle fit chanter un grand nombre de grand-messes et distribua beaucoup d’aumônes aux pauvres, en faveur des âmes du purgatoire. Souvenons-nous toujours que les messes sont le plus efficace moyen de soulager et délivrer les âmes du purgatoire. Faisons-en dire et faisons aussi beaucoup d’autres bonnes œuvres pour les pauvres défunts.

Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.


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