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Mois des âmes du purgatoire : 23ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent vingt-sixième apparition : Les âmes du Purgatoire ne peuvent rien pour elles-mêmes

Job, dans ses malheurs, était tellement couvert de plaies, qu’il ne pouvait point se secourir lui-même. Telles sont les pauvres âmes du purgatoire ; elles ne peuvent se procurer le moindre soulagement dans leurs affreux supplices. Elles ne peuvent que crier vers nous, nous demander du secours, sans même que nous les entendions. C’est une vieille tradition, dans la ville de Worms, Allemagne, que, pendant plusieurs nuits, on avait aperçu des légions d’hommes armés, qui se répandaient dans la campagne, les uns à pied, les autres à cheval, comme si une grande bataille allait se livrer. C’était ordinairement après l’heure de minuit que commençaient ces apparitions, et, au point du jour, elles s’évanouissaient, comme si les guerriers se fussent retirés dans des cavités de montagnes, pour en sortir de nouveau à la nuit suivante. Non loin de là, était le monastère de Limberg, dont le repos des nuits était troublé par ces bruits étranges. C’est pourquoi un saint religieux fit consentir quelques- uns de ses frères à aller avec lui, une nuit, au-devant de ces guerriers inconnus, et savoir d’eux qui ils étaient et ce qu’ils voulaient. Après s’être fortifiés par la prière et avoir imploré la protection de Dieu sur leur entreprise, ils quittent le couvent, un soir, et se rendent à l’entrée de la caverne ; et là, au moment où ces gens armés se précipitaient pour sortir, le religieux le plus courageux, faisant un signe de croix, les adjure, au nom de la très Sainte-Trinité, de dire qui ils sont et quel est leur but, leur dessein, leur intention. A quoi l’un d’eux répondit : “ Nous ne sommes pas des soldats vivants, qui se font la guerre ; mais les âmes d’une quantité de morts, tués en ce lieu, en combattant sous les étendards de nos deux souverains. Nos corps ont été enterrés ici, et nos âmes y font leur purgatoire. Ce bruit d’armes et de chevaux, qui fut alors l’occasion de nos fautes, et que Dieu permet que vous entendiez, pour notre soulagement, est l’instrument de la peine à laquelle nous sommes condamnés. Vos yeux ne voient point les flammes qui nous enveloppent et nous brûlent ; mais elles sont bien cruelles.” Le religieux, effrayé à cette révélation, reprit pourtant courage et demanda : “ Nous serait-il possible de vous secourir dans vos malheurs, qui nous affligent, et comment pourrions-nous le faire ? — Ah 1 certainement, répondit l’âme ; certainement, vous le pouvez, et c’est afin que vous le fassiez que le Seigneur nous permet de nous montrer à vous. Vos jeûnes, vos prières, vos mortifications, surtout vos communions et vos messes peuvent nous délivrer du feu qui nous consume. Nous vous supplions de redoubler de ferveur, dans tous ces saints exercices, et de les offrir à Dieu pour nous. Nous ne pouvons pas nous soulager nous-mêmes, pauvres infortunés que nous sommes ; nous n’avons qu’à souffrir, souffrir toujours, jusqu’à la fin de notre purgatoire.” Et à l’instant, comme une seule voix très lamentable, toute cette multitude s’écria : “ Priez pour nous, ô pères ! priez pour nous ! ” Puis tout disparut, mais en même temps, la montagne parut tout en feu, comme un immense incendie, dont les reflets étaient effrayants. Les religieux, sous cette sinistre clarté, rentrèrent chez eux en toute hâte, racontèrent tout à leurs confrères, et tous commencèrent les prières et saintes œuvres promises à cette innombrable troupe de défunts. A partir de ce moment, ces visions et bruits disparurent.

Vendredi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre divin Fils Jésus a, en ce jour, sur l’arbre de la croix, versé de ses mains et de ses pieds,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle pour laquelle je suis tenu de prier davantage,
afin que ce ne soit point par ma faute qu’elle n’entre pas aussitôt
dans votre gloire pour vous louer et vous bénir éternellement. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.


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