Divers

Le clergé de Notre Dame de Recouvrance dans la guerre

Requiem aeternam dona eis, Domine.

Monsieur l’abbé Isnard – Croix de guerre
Né à Orléans le 14/1/1874, ordonné prêtre à Orléans le 29/6/1899, l’abbé Isnard a été successivement étudiant à Rome (1899-1901), vicaire à Châtillon-Coligny (1901), à saint-Laurent (1902), curé-doyen de Courtenay (1919) et curé de Notre-Dame de Recouvrance (1928). Il était juge synodal et docteur en droit canon. Il est décédé à Chaville (Seine-et-Oise, aujourd’hui 92) le 11/1/1937

Extrait de son nécrologue : « La guerre vint, il partit avec sa classe dans une section d’infirmiers militaires. Il sent qu’il peut se dévouer davantage. Combattant volontaire, il obtient un changement d’affectation et, en qualité d’aumônier, il se donne sans compter, avec sa dignité habituelle et une grande humilité, à ses compagnons d’arme qui admirent son calme, sa réserve et son esprit apostolique ».

Cité à l’ordre du jour : « Au front depuis le début de la guerre, vient d’être l’objet de la belle citation suivante et de recevoir la croix de guerre. Isnard Pierre, versé dans un régiment d’infanterie sur sa demande, d’une haute valeur morale, fait preuve du plus parfait esprit de dévouement, modèle constant pour les hommes qu’il réconforte par son exemple. Vient encore de se surpasser pendant les journées du 14, 15 et 16 novembre 1917, en procédant à l’évacuation de nombreux blessés dans des circonstances particulièrement difficiles – Croix de guerre. »

Monsieur l’abbé Paul Dumuis – Croix de guerre
Né à Orléans le 2/10/1878, l’abbé Dumuis est ordonné le 28/3/1903, et est successivement vicaire à Chaingy (1903), à Recouvrance (1907), à la Cathédrale (1919), et curé de Marcilly-en-Villette (1921). Il avait démissionné pour raisons de santé en 1935. Il est décédé à la maison de Béthanie, à Orléans, le 10/3/1936.

Extrait de son nécrologue :« En 1907 le voici vicaire à Notre-Dame de Recouvrance, et jusqu’à la grande guerre il se dévoue spécialement à la jeunesse bouillante du patronage, qui apprécie comme il convient l’amabilité, l’entrain, l’abnégation du directeur. Mais la guerre vient l’arracher à son ministère : il part comme les autres, et pendant toute la tourmente il se dépense sans compter au soin des blessés. Il ne craint ni danger, ni fatigue : il court partout où le devoir l’appelle ».

Cité à l’ordre du jour :« Paul Dumuis s’est spontanément offert pour participer à des opérations de sauvetage, dans un poste avancé, pendant quatre heures de bombardement. Cette citation comporte la croix de guerre ».

Divers

Dimanche 11 novembre : 25ème dimanche après la Pentecôte

Dimanche 11 novembre : 25ème dimanche après la Pentecôte
(5ème dimanche restant après l’Épiphanie transféré)
A Saint-Martin d’Abbat : Saint Martin, fête patronale

– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 17h30

Textes de la Messe : ici

Pour saint Martin :

Messes de cette semaine
– Lundi : 19h00
– Mardi : 8h00
– Mercredi : 7h30
– Jeudi : 19h00
– Vendredi : 18h00
– Samedi : 11h00

Dimanche 18 novembre : Saint Aignan
Saint Patron du diocèse
– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 10h30

Dimanche 25 novembre : Dernier dimanche après la Pentecôte
– Orléans : 10h00
– Saint-Martin d’Abbat : 8h15
– Conflans-sur-Loing : 17h30

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Mois des âmes du purgatoire : 10ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent sixième apparition : Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu.
L’ange Raphaël, envoyé au jeune Tobie, lui recommanda l’aumône et le soin des morts. On lit, à ce sujet, un fait très intéressant, dans les annales des pères Augustins-Déchaussés. Lors de la fondation du couvent de Sainte-Marie, à Anersa, le père Hilarion de Saint-Antoine, religieux de grande vertu, qui présidait aux travaux, s’était retiré dans un hospice, près de l’église de Saint-François, où il célébrait la messe tous les matins. Un jour, un bon laïc, du nom de Jean-Baptiste, employé lui-même à la construction, voulut le servir à l’autel ; il y communia pour les âmes du purgatoire. Hilarion l’invita à son modeste repas, et Jean-Baptiste accepta. Comme il entrait à l’hospice, il trouva, dans la cour intérieure, un jeune homme d’agréable aspect, richement vêtu, qui demanda à parler au P. Hilarion, sur un sujet important. Celui-ci descendit vers lui et le jeune homme lui demanda, pour l’amour de Dieu, de lui donner à manger des aliments de sa table. Cette demande étonna le religieux, parce que celui qui la faisait paraissait plus en état de faire l’aumône que de la demander. Cependant, il courut au panier, où il mettait son pain. Le premier pain qu’il en tira était le meilleur. Il eut la pensée d’en prendre un moins bon, mais il se dit : « Pourquoi ne pas donner celui-ci ? Celui qui donne aux pauvres prête à Dieu. Qui sait si ce beau jeune homme, qui est entré là, toute porte étant fermée, n’est pas un ange de Dieu ? » Il prit donc le plus beau pain, y ajouta la meilleure partie de son repas, et lui envoya le tout, en le faisant prier de l’excuser de ce peu de chose, qui était cependant ce qu’il avait de mieux. Dès que Jean-Baptiste eût porté ces provisions, le père et lui se mirent à dîner ; mais sans manger beaucoup. Ils étaient inquiets, ne comprenant pas comment cet étranger, d’un air si distingué, avait pu entrer dans cette cour parfaitement fermée. « Il est si beau disait le religieux, que ce pourrait être un ange envoyé du ciel. – Et pourquoi, ajoutait Jean-Baptiste, ne serait-ce pas aussi bien une âme du purgatoire ? » Quand on jugea que le jeune homme devait avoir fini de dîner, Jean-Baptiste descendit pour le saluer et s’informer de lui. L’étranger se leva à son approche et lui dit : « Eh bien ! mon frère, rendons grâce à Dieu : récitons un Pater et un Ave en faveur des âmes souffrantes. » Et aussitôt, se mettant à genoux, il joignit les mains, leva les yeux au ciel, et récita ces deux prières avec une admirable piété. Puis il se dirigea vers la porte de la cour. Prenant la main de Jean-Baptiste, il ajouta : « Allez dire au père Hilarion que je suis son père. Qu’il cesse de prier pour moi : je n’ai plus besoin de rien ; je monte au ciel à l’instant même. » Et il s’évanouit, comme un brouillard dissipé par le soleil. Jean-Baptiste restait cloué à sa place, par l’étonnement et l’émotion. Il essaya d’appeler le P. Hilarion ; mais il ne pouvait plus parler. Le religieux, étant descendu voir ce qui pouvait tant le retarder, il le trouva étendu sans connaissance. Il eut bien de la peine à le faire revenir, et ce ne fut pas sans une extrême émotion, qu’il entendit le récit de cette apparition. Avec Jean-Baptiste, il bénit le Dieu de miséricorde, qui avait daigné faire un si consolant miracle, où l’âme de son père s’était fait voir avec quelque chose de la beauté des élus. Quelle fut la joie du P. Hilarion d’avoir été si généreux pour son bien aimé père ! Il conserva précieusement les assiettes dont le défunt s’était servi. Les mêmes chroniques rapportent que la personne qui payait la construction de ce couvent, ayant un fils mourant, on lui fit prendre un léger aliment sur l’une de ces assiettes, et qu’il fut instantanément guéri. Ne succombons pas à la tentation de donner en aumône ce que nous avons de moindre, ou en trop petite quantité. Donner aux pauvres, c’est prêter à Dieu. Imitons le P. Hilarion ; donnons ce que nous avons de mieux ou en quantité suffisante, selon nos moyens, et tôt ou tard, nous nous réjouirons, comme lui, de l’avoir fait. .

Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Mois des âmes du purgatoire : 9ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent troisième apparition : La toute puissance d’intercession de la Vierge Marie
La très sainte Vierge s’est plusieurs fois servie des âmes du purgatoire pour convertir les pécheurs, et pour délivrer ses serviteurs de mortels périls. Dans une ville du royaume d’Aragon, Espagne, un seigneur avait épousé une femme très belle et très pieuse. Un autre seigneur se mit à lui faire la cour. Cette femme le repoussait ; mais lui, la guettait partout, jusque devant les fenêtres de sa maison. Le mari vint à l’apprendre, et son cœur s’emplit aussitôt de jalousie. Il surveilla son épouse jour et nuit. Bien qu’il ne découvrit rien de mal en elle, il lui sembla qu’il n’aurait de repos qu’en tuant ce rival. Le matin donc, avec sa femme et un seul domestique, il s’en va à sa maison de campagne. Le soir arrivé, il appelle celle-ci dans une chambre retirée, ferme la porte à clef, pose un papier sur la table, sort un pistolet et somme son épouse d’écrire ce qu’il va lui dicter : “ Si tu refuses, lui dit-il, je te tue à l’instant.” Troublée, terrifiée, elle se dispose à écrire. C’était une invitation à l’autre seigneur, de venir la trouver dans ce lieu, en l’absence de son mari ; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre le mur du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre par où il entrerait en sûreté. La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre secrètement aux mains du destinataire, comme venant de sa maîtresse. L’imprudent seigneur en fut rempli de joie. Il lut et relut cette lettre, la baisant avec des transports de joie, comme un vrai insensé. L’heure venue, il monte sur un bon cheval et se met en route. Il allait au grand galop du cheval, lorsqu’il aperçut des condamnés suspendus à la potence, selon la coutume d’Aragon, de laisser les corps ainsi exposés, afin d’effrayer les bandits. Cette vue, lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité son chapelet, selon l’habitude qu’il avait de le faire, malgré ses crimes perpétuels, il commença à le dire en faveur des âmes de ces suppliciés, pour lesquelles, sans doute, personne ne priait. La récompense ne se fit point attendre. Une voix forte lui cria : “ Arrêtez, n’allez pas plus loin ! ” Il regarda partout ; mais ne vit rien autre chose que les cadavres. Il fait partir son cheval. La même voix crie de nouveau : “ Arrêtez, vous dis-je, n’allez pas plus en avant ! ” Comme il n’était pas peureux, il descend de cheval et examine ces cadavres, à moitié mangés par les corbeaux, afin de voir s’il n’en trouverait pas un de vivant. En effet, d’une des potences, il entend cette supplication : “ Seigneur, je vous prie, par pitié, de couper cette corde, qui m’étrangle.” Le seigneur, plus surpris que touché de compassion, donne un coup d’épée à cette corde et le corps tombe à terre, d’où il se relève aussitôt. Le ressuscité voulut le suivre ; mais naturellement, le seigneur voulut aller seul. “ Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend, au bout de votre course, que la mort vous y guette ? Je veux vous délivrer. Laissez-moi vous témoigner ma reconnaissance.” Se voyant ainsi découvert, le seigneur ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval, et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison. L’échelle était placée. Le seigneur voulut y monter tout de suite. — ” Non pas, dit son compagnon, il y a là un piège, laissez-moi monter le premier, afin que vous n’y soyez pas pris. Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.” Quand il les eut, il s’élança vers l’échelle,et pénétra dans la maison, par la fenêtre ouverte. Au même instant, on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, des coups, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée, tombait au pied du mur. Il se releva cependant, et dit au seigneur tout hors de lui : “ Vite ! vite à cheval, et sauvons-nous ! ” Lorsqu’ils furent à quelque distance, le ressuscité dit : « Avez-vous vu maintenant ? Avez-vous compris la belle réception qu’on voulait vous faire ? Le mari vous attendait pour vous tuer, à coups d’épée. Dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Remerciez donc la Mère des miséricordes, qui vous a délivré, à cause de votre fidélité à dire le chapelet tous les jours. Vous devez aussi remercier les âmes du purgatoire, qui vous rendent aujourd’hui ce que vous avez fait pour elles. Changez de vie et apprenez à craindre Dieu.” Comme il finissait ces paroles, l’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, déclare qu’il a été miraculeusement envoyé de l’autre vie pour l’empêcher d’être tué et précipité en enfer. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre. Quant au seigneur, il est facile de deviner dans quels sentiments il rentra chez lui. Le cœur tout bouleversé, il fit le sacrifice de sa vie à Dieu ; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence. aux œuvres de piété et devint un modèle de sainteté. Voilà une bien belle récompense pour ces deux faibles dévotions à la très sainte Vierge et envers les âmes du purgatoire ! Que ce trait nous encourage fortement à les pratiquer de mieux en mieux, durant toute notre vie. Si les âmes du purgatoire ne nous sauvent pas ainsi de la mort et de l’enfer, elles nous rendront bien d’autres services, qui vaudront mille et mille fois plus que tout ce que nous aurons fait pour elles.

Vendredi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre divin Fils Jésus a, en ce jour, sur l’arbre de la croix, versé de ses mains et de ses pieds,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle pour laquelle je suis tenu de prier davantage,
afin que ce ne soit point par ma faute qu’elle n’entre pas aussitôt
dans votre gloire pour vous louer et vous bénir éternellement. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Morts pour la France – Notre Dame de Recouvrance Orléans

Requiem aeternam dona eis, Domine.

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

Parmi les noms inscrits sur le monument aux morts de Notre-Dame de Recouvrance, voici ceux qui sont morts les premiers et celui qui est mort le dernier

22 août 1914 : Myrtil Pieteraerents, Emile Colas, René Pilté, Robert Maroy
Emile Louis Colas, né le 24/03/1889 à Orléans- Soldat au 4e R.I – tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE) – Mort pour la France
René Marcel Aimé Pilté, né le 12/05/1891 à Orléans- Soldat de 2e classe au 113e R.I – Tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE) – Mort pour la France
Myrtil Pieteraerents né le 01/07/1889 à Orléans (12 rue de la Concorde) – Soldat au 4e R.I – Tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE)Mort pour la France
Robert Edouard René Maroy, né le 29/03/1890 à Orléans – Soldat au 113e R.I – Décès des suites de ses blessures le 22/08/1914 à Signeux (BE) – Mort pour la France

26 octobre 1918 : Capitaine Paul Edouard de PARSEVAL
Fils de Paul et de Marie Virginie Escallier, Alexandre de Parseval est né le 29 janvier 1896 à Senlis dans le département de l’Oise. Il fait une partie de ses études au collège Stanislas à Paris. Jeune homme de la classe 1917, il est reçu à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion 1914 de « la Grande Revanche ». Nommé aspirant en août 1915, puis sous-lieutenant à titre temporaire en octobre 1915, il gagne ses galons de lieutenant en avril 1917, puis devient capitaine à titre temporaire en mai 1918.
Alexandre de Parseval arrive sur le front le 11 novembre 1915 pour être affecté à la 5e compagnie du 149e R.I.
Une première blessure reçue le 31 décembre 1915 le fait évacuer sur l’hôpital mixte de Lorient. Il y reste 4 mois. Après une convalescence et plusieurs mois de formations diverses, il rejoint de nouveau le 149e R.I. au début du mois de janvier de l’année 1917. Il prend le commandement de la compagnie de mitrailleuses du 1er bataillon du régiment.
Il est de nouveau blessé le 29 mai 1918 durant le combat de Cuiry-Housse dans l’Aisne.
Ce jeune capitaine qui allait avoir 23 ans est le dernier des officiers du 149e R.I. à être tué durant le conflit. Il est à la tête de la 3e compagnie du régiment lorsqu’il trouve la mort, le 26 octobre 1918, aux alentours de 10h00 durant l’attaque de la Hunding Stellung. Alexandre de Parseval décède près d’une carrière située à environ 400 m à l’ouest de Banogne, à la suite de sa blessure par balle.
Son corps a été relevé et inhumé par les soins du G.B.D. de la 43e D.I. dans le cimetière militaire de la ferme du Tremblot. Sa sépulture portait le numéro 46.
Lieu de sépulture actuelle inconnu.

Citations et décorations :
– Cité à l’ordre de la 43e Division d’Infanterie n° 103 du 15 janvier 1916 : « Jeune officier, brave, énergique, plein d’allant, exemple de courage et d’abnégation pour ses hommes. Blessé le 31 décembre 1915 devant Angres en maintenant sa section sous un bombardement des plus violents. »
– Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 27 en date du 30 novembre 1917 : « Jeune officier commandant la compagnie de mitrailleuses, d’une bravoure, d’un calme et d’un jugement remarquables. À l’attaque du 23 octobre 1917 est parti avec la première vague. Arrêté par un feu intense de mitrailleuses, a donné l’exemple de la plus belle bravoure, en commençant lui-même la progression, l’outil à la main pour la réduction de ses mitrailleuses. »
– Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 604 en date du 15 juillet 1918 : « N’a pas hésité sous un feu violent de mitrailleuses à se porter en avant de la ligne pour reconnaître des emplacements de mitrailleuses. A été blessé au cours de cette mission en faisant preuve de la plus grande bravoure. »
– Cité à l’ordre de la Ve Armée en date du 7 décembre 1918 : « Officier d’élite. Les 25 et 26 octobre 1918 a entraîné sa compagnie à l’assaut de positions puissamment défendues, exécutant une importante progression sous un feu de mitrailleuses et d’artillerie d’une violence inouïe. A été mortellement blessé, au moment où, parmi les éléments les plus avancés de sa compagnie, il observait le mouvement de l’ennemi. »
– Chevalier de la Légion d’honneur.

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Mois des âmes du purgatoire : 8ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent deuxième apparition : L’insistance haineuse du démon
Le démon poursuit les âmes avec une cruelle instance, jusqu’au tribunal de Dieu. S’il ne peut les entraîner en enfer, il essaie, au moins, de les faire condamner au purgatoire. On va voir son acharnement, d’après ce récit de saint Anselme, au sujet d’un de ses religieux, appelé Osbera. Ce saint avait réussi à ramener ce moine au bien, après une vie peu édifiante. A la grande joie d’Anselme, le converti vécut plusieurs années dans de meilleures dispositions. Au bout de ce temps, il eut une maladie qui le conduisit rapidement au tombeau. Anselme l’avait soigné comme un père ; puis, le voyant près d’expirer, il lui avait demandé de lui faire savoir l’état où il serait après la mort. Le mourant l’avait promis. Or, pendant que les religieux priaient autour de son corps, Anselme s’était retiré dans un coin, afin de prier avec plus de recueillement. Il implorait le soulagement de cette âme avec toute la ferveur dont il était capable. Le sommeil le surprit tout à coup, et il eut une vision : il voyait entrer dans la chambre du défunt, plusieurs vénérables personnages vêtus de blanc, qui s’asseyaient pour prononcer une sentence ; mais n’entendant rien, il se demandait tout inquiet quelle serait cette sentence, lorsque le religieux défunt lui apparut, le visage bouleversé, comme quelqu’un qui sort d’un combat ou d’un danger. « – Qu’y a-t-il, mon fils, lui demanda Anselme ? quelle sentence a été prononcée ? » Le défunt répondit : « Le démon s’est trois fois levé contre moi ; trois fois, il a voulu m’abattre ; mais les ouvriers de Dieu m’ont délivré de ses griffes. » Le saint s’éveilla et ne vit plus rien. Anselme comprit qu’Osbem avait été trois fois attaqué par le diable, devant le Juge suprême : la première, pour les péchés commis avant son entrée dans le couvent ; la seconde, pour ceux qu’il avait commis depuis son entrée jusqu’à ses vœux ; la troisième, depuis ses vœux jusqu’à sa mort. Mais le démon ne gagna rien, parce que ces péchés avaient été effacés par son entrée en religion, ses vœux de religieux et par les sacrements souvent et pieusement reçus. Par ces ouvriers du Seigneur, qui avaient délivré le défunt, Anselme entendit par là, les bons anges, qui ont mission de lier la gueule de la bête infernale, et de l’empêcher de déchirer le troupeau de Jésus-Christ. Saint Anselme dit la messe pendant un an, en faveur d’Osbem, afin de le soulager en purgatoire, dans lequel il devait être, pour les tiédeurs et infidélités de sa vie religieuse. Apprenons par cet exemple, à prier pour les âmes souffrantes que nous sommes toujours trop disposés à oublier. Nous serons si heureux d’être soulagés à notre tour !

Jeudi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par la Chair et le Sang de votre divin Fils Jésus,
que lui-même, la veille de sa douloureuse Passion,
il a donnés en nourriture et en breuvage à ses Apôtres,
et qu’il a laissés à son Église tout entière comme un sacrifice perpétuel
et l’aliment vivifiant de ses fidèles,
délivrez les âmes du purgatoire, et, tout particulièrement,
celle qui a le plus de dévotion à ce mystère,
afin qu’avec votre divin Fils et l’Esprit-Saint
elle vous loue éternellement dans votre gloire Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Mois des âmes du purgatoire : 7ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent-unième apparition: Le se cours des âmes délivrées du Purgatoire
La Sainte Écriture nous raconte que plusieurs fois, des légions d’anges volèrent à la défense des Israélites, contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie. De même, dans les annales de l’Église, nous lisons plus d’un miracle de ce genre, de la part des âmes du purgatoire, en faveur des princes qui les soulageaient. Eusèbe, duc de Sardaigne, fut un de ces protégés. Ce prince était si dévoué aux âmes du purgatoire, que, à part les aumônes considérables qu’il faisait à leur intention, il leur avait consacré tous les revenus d’une ville entière, où la piété était en honneur. On l’appelait pour cela : “Ville de Dieu”. Tout l’argent qui en provenait, taxes, etc., servait à l’entretien d’un certain nombre de prêtres, chargés de célébrer tous les jours des messes en faveur des défunts. Le démon ne put souffrir une si sainte chose, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de vains prétextes. Ostorge assiégea la Ville de Dieu et s’en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva un aussi grand chagrin que s’il eût perdu la moitié de ses états. Aussitôt, il se résout à tout entreprendre pour chasser l’ennemi de cette place. Son armée était beaucoup moins nombreuse que celle des Siciliens ; mais il se mit cependant en marche. Tout à coup, les sentinelles avancées aperçoivent, au loin, de nombreuses légions de cavalerie et d’infanterie, vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit. D’une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l’autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il se décide à envoyer quatre hérauts d’armes pour voir ce que c’était. Dès qu’ils furent à peu près à égale distance entre les deux armées, quatre hérauts des nouveaux venus vinrent à leur rencontre et les saluèrent en disant : “N’ayez pas de crainte : nous sommes l’armée du Roi du ciel, et nous accourons au secours de votre prince : qu’il s’avance avec confiance.” Le duc s’avança et joignit ses soldats à ceux que le ciel lui envoyait miraculeusement. Dès qu’Ostorge aperçut ces troupes inconnues et si extraordinaires, il fut saisi de terreur. Ses éclaireurs lui rapportèrent que ces nouveaux soldats ne pouvaient venir que par miracle, personne dans le pays ne pouvant dire qui ils étaient, d’où ils venaient, ni comment ils étaient venus. En même temps, des hérauts du duc vinrent le sommer de rendre la Ville de Dieu. Il s’empressa d’en sortir, de réparer les dommages et de se retirer en toute hâte. Eusèbe rendit ses actions de grâces au bon Dieu et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : “Sachez, prince, que ces soldats, que vous voyez, sont les âmes que vous avez tirées du purgatoire, par vos prières et vos bonnes œuvres. Le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans ce besoin. Continuez donc cette charitable dévotion et n’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel.” Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit Dieu, qui n’abandonne jamais ses serviteurs. Faisons donc beaucoup, nous aussi, pour les défunts, puisque nous en serons si heureux surtout à la mort, où ils nous protégeront certainement.

Mercredi
Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous en conjure
par le Sang précieux que votre Fils Jésus a versé
en portant la croix dans les rues de Jérusalem,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est, devant vous, la plus riche en mérites,
afin qu’élevée très haut dans la gloire qu’elle attend,
elle vous loue et vous bénisse dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 6ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Centième apparition : Charité et médisance

On a conservé du Père Nieremberg un autre trait admirable. Une nuit, il priait dans la chapelle du collège de Madrid, quand il vit apparaître l’âme d’un père, mort quelques jours auparavant. Le défunt réclamait une partie de ses prières et bonnes œuvres, parce qu’il avait été condamné à de terribles tourments en purgatoire. Il avoua même qu’il souffrait surtout pour avoir dit souvent aux supérieurs, avec exagération et sans assez de charité, les défauts de ses confrères ; à cause de cela, sa langue était brûlée d’un feu très cuisant. Cependant, l’intercession de Marie lui avait obtenu de venir solliciter des prières et de servir d’exemple aux autres. « J’espère donc que vous, qui avez été mon ami et qui êtes si dévoué aux âmes du purgatoire, vous aurez compassion de moi. » Le P. Eusèbe fut touché de ce discours. Le jour suivant, dès l’aube, il célébra la messe pour cette âme et continua de prier et de faire pénitence pour elle. Bientôt, elle lui apparut toute rayonnante, remplie de joie, et lui apprit que, grâce à ses suffrages, elle s’envolait au paradis. Soyons charitables envers le prochain. Évitons surtout les médisances et les calomnies, qui seront chèrement payées en cette vie ou en l’autre.

Mardi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans le couronnement d’épines,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui devrait, la dernière, sortir de ces souffrances,
afin qu’elle ne doive point attendre si longtemps
pour vous louer et vous bénir dans votre gloire pour l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 5ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Quatre-vingt-dix-neuvième apparition : Porter les fardeaux les uns des autres
Le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, s. j., avait une grande dévotion pour les défunts. Il priait et se mortifiait beaucoup pour leur soulagement. Il avait à la cour de Madrid, parmi ses pénitentes, une dame de qualité d’une haute perfection. Cette dame tomba dangereusement malade, d’une fièvre maligne, à laquelle les médecins ne pouvaient trouver de remède. Avertie du péril de mort où elle se trouvait, elle en fut accablée de chagrin, surtout par la crainte du purgatoire. Le père Eusèbe fit tout son possible pour lui donner du courage, de la soumission à la volonté de Dieu. Mais elle, toute troublée et terrifiée, différait de jour en jour à recevoir les sacrements, jusqu’à ce qu’elle tomba en léthargie, privée de toute connaissance, et prête à expirer. Le père, alarmé, se retira dans une chapelle voisine, et dit sa messe avec grande ferveur, priant Notre-Seigneur de rendre la connaissance à la malade, afin qu’elle pût recevoir les sacrements, avec de meilleures dispositions, avant de paraître devant lui. Il s’offrit à souffrir lui-même, durant cette vie, les tourments qui étaient réservés à la mourante au purgatoire. Dieu exauça sa prière si charitable. La messe était à peine achevée, que la dame revint à elle et si changée de dispositions, qu’elle demanda les sacrements et les reçut avec ferveur. Quand le père Eusèbe lui eût assuré qu’elle ne devrait plus craindre le purgatoire, elle se soumit à la mort et expira dans la plus parfaite tranquillité. A partir de cet instant, et pendant seize ans que vécut ce bon religieux, sa vie ne fut plus qu’un long martyre ; aucun remède ne pouvait soulager ses horribles douleurs. Ses prières continuelles n’étaient pas moins profitables aux âmes du purgatoire. Il avait un chapelet très riche en indulgences. Il eut le chagrin de le perdre. Le soir, il se mit à genoux, avec un grand désir de gagner, pour ses chères âmes, les indulgences de son chapelet tant regretté. Il priait avec ferveur, lorsqu’il entendit tout à coup, au plafond de sa chambre, un bruit singulier : il lève les yeux et voit tomber son chapelet. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes qu’il soulageait, qui le lui eussent rendu. Avec quelle ferveur il continua de le dire, surtout après une telle merveille.

Lundi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans sa cruelle flagellation,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est le plus près d’entrer dans votre gloire
afin qu’elle commence bientôt à vous louer
et à vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 4ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Quatre-vingt-dix-septième apparition : « Une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences ici-bas »
Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire, qui unissent la durée à l’intensité ; là, les heures paraissent des années. « Oui, dit Thomas a Kempis, une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences d’ici-bas. » Nous lisons, dans les annales des pères Capucins, une histoire terrible sur ce sujet. Le P. Hippolyte de Scalvo, grand serviteur de Dieu, était animé d’un zèle très ardent pour la délivrance des âmes du purgatoire. Il priait et se mortifiait pour elles, et souvent, il prêchait en leur faveur, afin d’exciter les fidèles à faire comme lui. Il se levait de grand matin afin de réciter l’office des morts à leur intention. Toutes ses actions de la journée étaient aussi faites pour leur soulagement. Cependant, il était loin de se figurer les tourments de l’autre vie aussi terribles qu’ils le sont. Ce qui lui arriva bientôt, lui donna à cet égard, une effrayante lumière. Il fut envoyé en Flandre pour établir quelques maisons de Capucins. Parmi les religieux de ces maisons, il y en avait un qui avançait à grands pas dans le chemin de la vertu, lorsqu’il fut pris d’une maladie subite qui le conduisit rapidement au tombeau. La nuit suivante, le P. Hippolyte resta à prier dans l’église, après l’office des Matines. Tout à coup, il voit paraître devant lui le défunt, sous la forme d’un fantôme environné de feu et de flammes horribles, qui étaient à la fois ténèbres et lumière ordinaire au feu. Le spectre s’accusa à son supérieur, avec mille gémissements, d’une faute légère qu’il avait commise. « Donnez-moi, dit-il, la pénitence que vous voudrez, avec votre bénédiction, afin de me délivrer de ce manquement, pour lequel je souffre tant dans le purgatoire. » Le supérieur resta comme pétrifié. Telle fut sa terreur, en face de cette apparition, que, pour y échapper plus vite, il répondit précipitamment : « Autant que je le puis, je vous absous et vous bénis. Quant à la pénitence, puisque vous m’assurez que j’ai aussi le pouvoir de vous la donner, vous resterez en purgatoire, jusqu’à l’office de Prime, à huit heures, ce matin. » En se limitant à ces quelques heures, le saint homme s’imaginait faire acte de grande indulgence. Ce ne fut pas l’avis du mort ; car, à cette réponse, il témoigna une sorte de désespoir, comme si la foudre l’eût frappé : il courait dans l’église en criant : « O cœur sans pitié ! ô père qui n’avez point de pitié pour un cœur si affligé ! Quoi ! punir si terriblement une faute que, durant ma vie, vous auriez jugée digne d’une très légère pénitence ! Vous ignorez donc l’atrocité des supplices du purgatoire ! Ô cœur sans compassion ! » Et la vision disparut. Le supérieur, sentant ses cheveux se dresser sur sa tête était rempli de regret et de crainte. Il cherchait un moyen de revenir sur sa sentence, et ne savait à quoi se résoudre, lorsque Dieu lui inspira une pensée, celle de sonner la cloche et d’appeler les religieux à l’église. Quand ils furent rassemblés, il leur raconta vite ce qui lui était arrivé et on commença aussitôt l’office de Prime, en sorte que le défunt fut aussitôt délivré. Pendant les vingt ans que vécut encore ce supérieur, ce souvenir ne s’effaça pas de sa mémoire, et il répétait, dans ses sermons, cette parole de saint Anselme : « Après la mort, la moindre peine qui nous attend au purgatoire, est beaucoup plus grande que tout ce qu’on peut concevoir ici-bas. » Et dire qu’on ne songe pas à ce si terrible purgatoire, et qu’on vit comme s’il n’y en avait pas. Que de supplices on se prépare ! Quelle cruauté nous avons pour nous-mêmes ! Combien nous le regretterons, à la mort !

Dimanche
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé au Jardin des Oliviers,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, les plus délaissées de toutes ;
introduisez-les dans votre gloire
pour vous louer et vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.