Fête de saint Martin – récit de sa mort au bréviaire
La mort étant proche, il vit l’ennemi du genre humain et lui dit : « Que fais-tu là, bête cruelle ? esprit du mal, tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne. » Et, en prononçant ces paroles, le Saint rendit son âme à Dieu, étant âgé de quatre-vingt un ans. Une troupe d’Anges le reçut au ciel, et plusieurs personnes, entre autres saint Séverin, Évêque de Cologne, les entendirent chanter les louanges de Dieu.
Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Vingt-sixième apparition: Le Rosaire
Il paraîtrait que la rose est utile à notre santé. Le Rosaire vaut encore mieux pour la santé de notre âme. Il procure un grand bonheur spirituel à ceux qui y sont dévots, et est très profitable pour les guérir du péché et les exempter des châtiments qu’ils méritent ici-bas ou en purgatoire. Dans le royaume d’Aragon, une jeune fille appelée Alexandra, assistant aux prédications de saint Dominique, entra dans la confrérie du saint Rosaire. Mais, livrée à la vanité, elle négligeait souvent de réciter son chapelet, préférant passer des heures au miroir et aux conversations inutiles. Comme elle était belle, plusieurs jeunes gens commencèrent à l’entourer de leurs hommages. Il y en avait deux surtout, qui se montraient plus ardents à sa poursuite et qui finirent par se battre en duel à cause d’elle. La jeune fille fut présente à ce combat, pour décider quel serait le vainqueur. Au signal donné, ces deux hommes, armés d’une longue lance, se précipitèrent l’un contre l’autre, avec tant de fureur, qu’ils tombèrent tous deux à la renverse, mortellement blessés, et ne tardèrent pas à expirer. Ce fut un sujet de vive douleur pour les familles de ces jeunes gens. Unissant leur colère contre celle qui avait été la cause de ce double malheur, elles se jetèrent sur elle, et la battirent jusqu’à compromettre sa vie. Baignant dans son sang, l’infortunée demandait grâce, et suppliait qu’on la laissât au moins se confesser ; mais ces furieux, s’animant de plus en plus, l’achevèrent en lui coupant la tête d’un coup de sabre ; après quoi, afin d’échapper à la justice, ils jetèrent le cadavre dans un puits, et se sauvèrent. Cependant, la divine Mère de Dieu voulut récompenser les quelques actes de piété que la pauvre morte avait faits envers elle ; elle fit connaître à saint Dominique, qui se trouvait dans une autre ville, tous les détails de ce crime. Au bout de quelques jours, le saint vint au bord du puits, et, après avoir fait une prière, il appela la jeune fille. A l’instant, la tête de la morte se colla à son corps, et elle sortit vivante du puits, toute couverte de blessures et de sang ; elle se jeta aux pieds du serviteur de Dieu, et fit sa confession générale, avec beaucoup de larmes, en bénissant le Seigneur de ce si grand bienfait. Elle vécut encore deux jours, afin de pouvoir réciter un bon nombre de rosaires, qui lui avaient été imposés pour pénitence. On vint la voir de tous côtés, et elle ne cessait de prêcher la dévotion à Marie, qui l’avait sauvée de l’enfer. Interrogée par saint Dominique, sur ce qui lui était arrivé, après sa mort, elle raconta trois choses bien mémorables. La première, que, par les mérites de la confrérie du Rosaire, elle avait eu la contrition parfaite au moment d’expirer, sans quoi, elle eût été damnée. La deuxième, que, quand on lui tranchait la tête, elle s’était vue entourée d’une troupe de démons hideux, qui voulaient l’emporter en enfer, lorsque Marie était accourue à son aide et l’avait délivrée. La troisième, qu’elle avait été condamnée à deux cents ans de purgatoire, pour avoir causé la mort des deux jeunes gens ; en outre, à cause de ses parures vaines et immodestes, qui avaient été une cause de péché pour beaucoup, elle avait à endurer encore cinq cents autres années de souffrances les plus atroces. « Mais j’espère, ajouta-t-elle, que les membres de la confrérie du Rosaire, auxquels je m’étais associée, pour honorer Marie, prieront pour moi, et que ces huit cents ans seront abrégés ». Elle mourut de nouveau dans les sentiments de la plus édifiante piété. Saint Dominique fit tant de pénitences, de prières, d’aumônes, de jeûnes, et en fit faire à tant de personnes, qu’au bout de quinze jours, la défunte apparut au saint tout éclatante de lumière, et le remercia avec effusion. Elle ajouta que les âmes du purgatoire lui faisaient dire, par elle, de prêcher sans cesse la dévotion au Rosaire, qui leur procurait tant de soulagement. « Que les confrères du Rosaire, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences de cette dévotion ; ils n’y perdront rien ; car ces âmes intercéderont pour eux, à leur tour. Les anges se réjouissent de la dévotion du Rosaire, et la Reine du ciel est la tendre mère de tous ceux qui la pratiquent ». Saint Dominique, ravi de cette révélation, travailla avec un redoublement de zèle à faire réciter le chapelet. Récitons-le nous-mêmes avec ferveur, et nous ne verrons qu’à la mort toutes les grâces et bénédictions que cette dévotion nous aura values. .
Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.