Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Cent huitième apparition : Ne pas négliger les sacrements
Les sacrements sont des réservoirs inépuisables de grâces et de sainteté ; des canaux intarissables de tous les biens spirituels les plus précieux. Ceux qui veulent se sauver, en les négligeant, ressemblent à ces malades insensés, qui veulent se guérir sans prendre de remèdes. L’indifférence envers les sacrements est punie très sévèrement après la mort. En 1589, au monastère de Sainte-Marie-des-Anges, à Florence, mourut une religieuse très estimée de ses sœurs, qui se fit bientôt voir à sainte Madeleine de Pazzi, pour demander d’être secourue dans le rigoureux purgatoire auquel elle était condamnée. La sainte était en prière devant l’autel du Saint-Sacrement, lorsqu’elle aperçut la défunte, agenouillée au milieu de l’église, avec un aspect assez étrange : elle avait un manteau de flammes qui la consumaient, à l’exception de la poitrine, que protégeait un voile pendu à son cou. Madeleine s’étonnait de voir une de ses sœurs dans ce tourment : elle lui demanda ce que cela signifiait : « Je souffre ainsi, lui dit-elle, pour n’avoir pas été assez dévote au Saint-Sacrement, pour avoir communié rarement et avec négligence. Pour cela, la divine justice m’a condamnée à venir, chaque jour, dans l’église du monastère, pour rendre mes devoirs à la sainte Eucharistie ; enfin, j’ai une grande reconnaissance à Dieu, qui m’a donné, en récompense de ma pureté, le voile qui me met la poitrine à l’abri du feu, qui me consume le reste du corps. » Ce récit toucha profondément la sainte, qui se mit à prier, à communier, à faire pénitence pour cette âme, jusqu’à ce qu’il lui fût révélé qu’elle était délivrée. Madeleine racontait souvent ce fait merveilleux, afin d’exciter au zèle pour la sainte communion.
Dimanche
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé au Jardin des Oliviers,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, les plus délaissées de toutes ;
introduisez-les dans votre gloire
pour vous louer et vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.
V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.
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