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Mois des âmes du purgatoire : 9ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent troisième apparition : La toute puissance d’intercession de la Vierge Marie
La très sainte Vierge s’est plusieurs fois servie des âmes du purgatoire pour convertir les pécheurs, et pour délivrer ses serviteurs de mortels périls. Dans une ville du royaume d’Aragon, Espagne, un seigneur avait épousé une femme très belle et très pieuse. Un autre seigneur se mit à lui faire la cour. Cette femme le repoussait ; mais lui, la guettait partout, jusque devant les fenêtres de sa maison. Le mari vint à l’apprendre, et son cœur s’emplit aussitôt de jalousie. Il surveilla son épouse jour et nuit. Bien qu’il ne découvrit rien de mal en elle, il lui sembla qu’il n’aurait de repos qu’en tuant ce rival. Le matin donc, avec sa femme et un seul domestique, il s’en va à sa maison de campagne. Le soir arrivé, il appelle celle-ci dans une chambre retirée, ferme la porte à clef, pose un papier sur la table, sort un pistolet et somme son épouse d’écrire ce qu’il va lui dicter : “ Si tu refuses, lui dit-il, je te tue à l’instant.” Troublée, terrifiée, elle se dispose à écrire. C’était une invitation à l’autre seigneur, de venir la trouver dans ce lieu, en l’absence de son mari ; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre le mur du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre par où il entrerait en sûreté. La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre secrètement aux mains du destinataire, comme venant de sa maîtresse. L’imprudent seigneur en fut rempli de joie. Il lut et relut cette lettre, la baisant avec des transports de joie, comme un vrai insensé. L’heure venue, il monte sur un bon cheval et se met en route. Il allait au grand galop du cheval, lorsqu’il aperçut des condamnés suspendus à la potence, selon la coutume d’Aragon, de laisser les corps ainsi exposés, afin d’effrayer les bandits. Cette vue, lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité son chapelet, selon l’habitude qu’il avait de le faire, malgré ses crimes perpétuels, il commença à le dire en faveur des âmes de ces suppliciés, pour lesquelles, sans doute, personne ne priait. La récompense ne se fit point attendre. Une voix forte lui cria : “ Arrêtez, n’allez pas plus loin ! ” Il regarda partout ; mais ne vit rien autre chose que les cadavres. Il fait partir son cheval. La même voix crie de nouveau : “ Arrêtez, vous dis-je, n’allez pas plus en avant ! ” Comme il n’était pas peureux, il descend de cheval et examine ces cadavres, à moitié mangés par les corbeaux, afin de voir s’il n’en trouverait pas un de vivant. En effet, d’une des potences, il entend cette supplication : “ Seigneur, je vous prie, par pitié, de couper cette corde, qui m’étrangle.” Le seigneur, plus surpris que touché de compassion, donne un coup d’épée à cette corde et le corps tombe à terre, d’où il se relève aussitôt. Le ressuscité voulut le suivre ; mais naturellement, le seigneur voulut aller seul. “ Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend, au bout de votre course, que la mort vous y guette ? Je veux vous délivrer. Laissez-moi vous témoigner ma reconnaissance.” Se voyant ainsi découvert, le seigneur ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval, et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison. L’échelle était placée. Le seigneur voulut y monter tout de suite. — ” Non pas, dit son compagnon, il y a là un piège, laissez-moi monter le premier, afin que vous n’y soyez pas pris. Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.” Quand il les eut, il s’élança vers l’échelle,et pénétra dans la maison, par la fenêtre ouverte. Au même instant, on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, des coups, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée, tombait au pied du mur. Il se releva cependant, et dit au seigneur tout hors de lui : “ Vite ! vite à cheval, et sauvons-nous ! ” Lorsqu’ils furent à quelque distance, le ressuscité dit : « Avez-vous vu maintenant ? Avez-vous compris la belle réception qu’on voulait vous faire ? Le mari vous attendait pour vous tuer, à coups d’épée. Dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Remerciez donc la Mère des miséricordes, qui vous a délivré, à cause de votre fidélité à dire le chapelet tous les jours. Vous devez aussi remercier les âmes du purgatoire, qui vous rendent aujourd’hui ce que vous avez fait pour elles. Changez de vie et apprenez à craindre Dieu.” Comme il finissait ces paroles, l’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, déclare qu’il a été miraculeusement envoyé de l’autre vie pour l’empêcher d’être tué et précipité en enfer. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre. Quant au seigneur, il est facile de deviner dans quels sentiments il rentra chez lui. Le cœur tout bouleversé, il fit le sacrifice de sa vie à Dieu ; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence. aux œuvres de piété et devint un modèle de sainteté. Voilà une bien belle récompense pour ces deux faibles dévotions à la très sainte Vierge et envers les âmes du purgatoire ! Que ce trait nous encourage fortement à les pratiquer de mieux en mieux, durant toute notre vie. Si les âmes du purgatoire ne nous sauvent pas ainsi de la mort et de l’enfer, elles nous rendront bien d’autres services, qui vaudront mille et mille fois plus que tout ce que nous aurons fait pour elles.

Vendredi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre divin Fils Jésus a, en ce jour, sur l’arbre de la croix, versé de ses mains et de ses pieds,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle pour laquelle je suis tenu de prier davantage,
afin que ce ne soit point par ma faute qu’elle n’entre pas aussitôt
dans votre gloire pour vous louer et vous bénir éternellement. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Morts pour la France – Notre Dame de Recouvrance Orléans

Requiem aeternam dona eis, Domine.

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

Parmi les noms inscrits sur le monument aux morts de Notre-Dame de Recouvrance, voici ceux qui sont morts les premiers et celui qui est mort le dernier

22 août 1914 : Myrtil Pieteraerents, Emile Colas, René Pilté, Robert Maroy
Emile Louis Colas, né le 24/03/1889 à Orléans- Soldat au 4e R.I – tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE) – Mort pour la France
René Marcel Aimé Pilté, né le 12/05/1891 à Orléans- Soldat de 2e classe au 113e R.I – Tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE) – Mort pour la France
Myrtil Pieteraerents né le 01/07/1889 à Orléans (12 rue de la Concorde) – Soldat au 4e R.I – Tué à l’ennemi le 22/08/1914 à Signeulx (BE)Mort pour la France
Robert Edouard René Maroy, né le 29/03/1890 à Orléans – Soldat au 113e R.I – Décès des suites de ses blessures le 22/08/1914 à Signeux (BE) – Mort pour la France

26 octobre 1918 : Capitaine Paul Edouard de PARSEVAL
Fils de Paul et de Marie Virginie Escallier, Alexandre de Parseval est né le 29 janvier 1896 à Senlis dans le département de l’Oise. Il fait une partie de ses études au collège Stanislas à Paris. Jeune homme de la classe 1917, il est reçu à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr dans la promotion 1914 de « la Grande Revanche ». Nommé aspirant en août 1915, puis sous-lieutenant à titre temporaire en octobre 1915, il gagne ses galons de lieutenant en avril 1917, puis devient capitaine à titre temporaire en mai 1918.
Alexandre de Parseval arrive sur le front le 11 novembre 1915 pour être affecté à la 5e compagnie du 149e R.I.
Une première blessure reçue le 31 décembre 1915 le fait évacuer sur l’hôpital mixte de Lorient. Il y reste 4 mois. Après une convalescence et plusieurs mois de formations diverses, il rejoint de nouveau le 149e R.I. au début du mois de janvier de l’année 1917. Il prend le commandement de la compagnie de mitrailleuses du 1er bataillon du régiment.
Il est de nouveau blessé le 29 mai 1918 durant le combat de Cuiry-Housse dans l’Aisne.
Ce jeune capitaine qui allait avoir 23 ans est le dernier des officiers du 149e R.I. à être tué durant le conflit. Il est à la tête de la 3e compagnie du régiment lorsqu’il trouve la mort, le 26 octobre 1918, aux alentours de 10h00 durant l’attaque de la Hunding Stellung. Alexandre de Parseval décède près d’une carrière située à environ 400 m à l’ouest de Banogne, à la suite de sa blessure par balle.
Son corps a été relevé et inhumé par les soins du G.B.D. de la 43e D.I. dans le cimetière militaire de la ferme du Tremblot. Sa sépulture portait le numéro 46.
Lieu de sépulture actuelle inconnu.

Citations et décorations :
– Cité à l’ordre de la 43e Division d’Infanterie n° 103 du 15 janvier 1916 : « Jeune officier, brave, énergique, plein d’allant, exemple de courage et d’abnégation pour ses hommes. Blessé le 31 décembre 1915 devant Angres en maintenant sa section sous un bombardement des plus violents. »
– Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 27 en date du 30 novembre 1917 : « Jeune officier commandant la compagnie de mitrailleuses, d’une bravoure, d’un calme et d’un jugement remarquables. À l’attaque du 23 octobre 1917 est parti avec la première vague. Arrêté par un feu intense de mitrailleuses, a donné l’exemple de la plus belle bravoure, en commençant lui-même la progression, l’outil à la main pour la réduction de ses mitrailleuses. »
– Cité à l’ordre de la VIe Armée n° 604 en date du 15 juillet 1918 : « N’a pas hésité sous un feu violent de mitrailleuses à se porter en avant de la ligne pour reconnaître des emplacements de mitrailleuses. A été blessé au cours de cette mission en faisant preuve de la plus grande bravoure. »
– Cité à l’ordre de la Ve Armée en date du 7 décembre 1918 : « Officier d’élite. Les 25 et 26 octobre 1918 a entraîné sa compagnie à l’assaut de positions puissamment défendues, exécutant une importante progression sous un feu de mitrailleuses et d’artillerie d’une violence inouïe. A été mortellement blessé, au moment où, parmi les éléments les plus avancés de sa compagnie, il observait le mouvement de l’ennemi. »
– Chevalier de la Légion d’honneur.

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Mois des âmes du purgatoire : 8ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent deuxième apparition : L’insistance haineuse du démon
Le démon poursuit les âmes avec une cruelle instance, jusqu’au tribunal de Dieu. S’il ne peut les entraîner en enfer, il essaie, au moins, de les faire condamner au purgatoire. On va voir son acharnement, d’après ce récit de saint Anselme, au sujet d’un de ses religieux, appelé Osbera. Ce saint avait réussi à ramener ce moine au bien, après une vie peu édifiante. A la grande joie d’Anselme, le converti vécut plusieurs années dans de meilleures dispositions. Au bout de ce temps, il eut une maladie qui le conduisit rapidement au tombeau. Anselme l’avait soigné comme un père ; puis, le voyant près d’expirer, il lui avait demandé de lui faire savoir l’état où il serait après la mort. Le mourant l’avait promis. Or, pendant que les religieux priaient autour de son corps, Anselme s’était retiré dans un coin, afin de prier avec plus de recueillement. Il implorait le soulagement de cette âme avec toute la ferveur dont il était capable. Le sommeil le surprit tout à coup, et il eut une vision : il voyait entrer dans la chambre du défunt, plusieurs vénérables personnages vêtus de blanc, qui s’asseyaient pour prononcer une sentence ; mais n’entendant rien, il se demandait tout inquiet quelle serait cette sentence, lorsque le religieux défunt lui apparut, le visage bouleversé, comme quelqu’un qui sort d’un combat ou d’un danger. « – Qu’y a-t-il, mon fils, lui demanda Anselme ? quelle sentence a été prononcée ? » Le défunt répondit : « Le démon s’est trois fois levé contre moi ; trois fois, il a voulu m’abattre ; mais les ouvriers de Dieu m’ont délivré de ses griffes. » Le saint s’éveilla et ne vit plus rien. Anselme comprit qu’Osbem avait été trois fois attaqué par le diable, devant le Juge suprême : la première, pour les péchés commis avant son entrée dans le couvent ; la seconde, pour ceux qu’il avait commis depuis son entrée jusqu’à ses vœux ; la troisième, depuis ses vœux jusqu’à sa mort. Mais le démon ne gagna rien, parce que ces péchés avaient été effacés par son entrée en religion, ses vœux de religieux et par les sacrements souvent et pieusement reçus. Par ces ouvriers du Seigneur, qui avaient délivré le défunt, Anselme entendit par là, les bons anges, qui ont mission de lier la gueule de la bête infernale, et de l’empêcher de déchirer le troupeau de Jésus-Christ. Saint Anselme dit la messe pendant un an, en faveur d’Osbem, afin de le soulager en purgatoire, dans lequel il devait être, pour les tiédeurs et infidélités de sa vie religieuse. Apprenons par cet exemple, à prier pour les âmes souffrantes que nous sommes toujours trop disposés à oublier. Nous serons si heureux d’être soulagés à notre tour !

Jeudi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par la Chair et le Sang de votre divin Fils Jésus,
que lui-même, la veille de sa douloureuse Passion,
il a donnés en nourriture et en breuvage à ses Apôtres,
et qu’il a laissés à son Église tout entière comme un sacrifice perpétuel
et l’aliment vivifiant de ses fidèles,
délivrez les âmes du purgatoire, et, tout particulièrement,
celle qui a le plus de dévotion à ce mystère,
afin qu’avec votre divin Fils et l’Esprit-Saint
elle vous loue éternellement dans votre gloire Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Mois des âmes du purgatoire : 7ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Cent-unième apparition: Le se cours des âmes délivrées du Purgatoire
La Sainte Écriture nous raconte que plusieurs fois, des légions d’anges volèrent à la défense des Israélites, contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie. De même, dans les annales de l’Église, nous lisons plus d’un miracle de ce genre, de la part des âmes du purgatoire, en faveur des princes qui les soulageaient. Eusèbe, duc de Sardaigne, fut un de ces protégés. Ce prince était si dévoué aux âmes du purgatoire, que, à part les aumônes considérables qu’il faisait à leur intention, il leur avait consacré tous les revenus d’une ville entière, où la piété était en honneur. On l’appelait pour cela : “Ville de Dieu”. Tout l’argent qui en provenait, taxes, etc., servait à l’entretien d’un certain nombre de prêtres, chargés de célébrer tous les jours des messes en faveur des défunts. Le démon ne put souffrir une si sainte chose, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de vains prétextes. Ostorge assiégea la Ville de Dieu et s’en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva un aussi grand chagrin que s’il eût perdu la moitié de ses états. Aussitôt, il se résout à tout entreprendre pour chasser l’ennemi de cette place. Son armée était beaucoup moins nombreuse que celle des Siciliens ; mais il se mit cependant en marche. Tout à coup, les sentinelles avancées aperçoivent, au loin, de nombreuses légions de cavalerie et d’infanterie, vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit. D’une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l’autre, il lui semblait comprendre que Dieu lui envoyait du secours. Il se décide à envoyer quatre hérauts d’armes pour voir ce que c’était. Dès qu’ils furent à peu près à égale distance entre les deux armées, quatre hérauts des nouveaux venus vinrent à leur rencontre et les saluèrent en disant : “N’ayez pas de crainte : nous sommes l’armée du Roi du ciel, et nous accourons au secours de votre prince : qu’il s’avance avec confiance.” Le duc s’avança et joignit ses soldats à ceux que le ciel lui envoyait miraculeusement. Dès qu’Ostorge aperçut ces troupes inconnues et si extraordinaires, il fut saisi de terreur. Ses éclaireurs lui rapportèrent que ces nouveaux soldats ne pouvaient venir que par miracle, personne dans le pays ne pouvant dire qui ils étaient, d’où ils venaient, ni comment ils étaient venus. En même temps, des hérauts du duc vinrent le sommer de rendre la Ville de Dieu. Il s’empressa d’en sortir, de réparer les dommages et de se retirer en toute hâte. Eusèbe rendit ses actions de grâces au bon Dieu et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : “Sachez, prince, que ces soldats, que vous voyez, sont les âmes que vous avez tirées du purgatoire, par vos prières et vos bonnes œuvres. Le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans ce besoin. Continuez donc cette charitable dévotion et n’oubliez pas qu’autant d’âmes vous délivrez, autant vous avez d’amis et de défenseurs au ciel.” Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit Dieu, qui n’abandonne jamais ses serviteurs. Faisons donc beaucoup, nous aussi, pour les défunts, puisque nous en serons si heureux surtout à la mort, où ils nous protégeront certainement.

Mercredi
Seigneur, Dieu tout-puissant, je vous en conjure
par le Sang précieux que votre Fils Jésus a versé
en portant la croix dans les rues de Jérusalem,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est, devant vous, la plus riche en mérites,
afin qu’élevée très haut dans la gloire qu’elle attend,
elle vous loue et vous bénisse dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 6ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Centième apparition : Charité et médisance

On a conservé du Père Nieremberg un autre trait admirable. Une nuit, il priait dans la chapelle du collège de Madrid, quand il vit apparaître l’âme d’un père, mort quelques jours auparavant. Le défunt réclamait une partie de ses prières et bonnes œuvres, parce qu’il avait été condamné à de terribles tourments en purgatoire. Il avoua même qu’il souffrait surtout pour avoir dit souvent aux supérieurs, avec exagération et sans assez de charité, les défauts de ses confrères ; à cause de cela, sa langue était brûlée d’un feu très cuisant. Cependant, l’intercession de Marie lui avait obtenu de venir solliciter des prières et de servir d’exemple aux autres. « J’espère donc que vous, qui avez été mon ami et qui êtes si dévoué aux âmes du purgatoire, vous aurez compassion de moi. » Le P. Eusèbe fut touché de ce discours. Le jour suivant, dès l’aube, il célébra la messe pour cette âme et continua de prier et de faire pénitence pour elle. Bientôt, elle lui apparut toute rayonnante, remplie de joie, et lui apprit que, grâce à ses suffrages, elle s’envolait au paradis. Soyons charitables envers le prochain. Évitons surtout les médisances et les calomnies, qui seront chèrement payées en cette vie ou en l’autre.

Mardi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans le couronnement d’épines,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui devrait, la dernière, sortir de ces souffrances,
afin qu’elle ne doive point attendre si longtemps
pour vous louer et vous bénir dans votre gloire pour l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 5ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Quatre-vingt-dix-neuvième apparition : Porter les fardeaux les uns des autres
Le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, s. j., avait une grande dévotion pour les défunts. Il priait et se mortifiait beaucoup pour leur soulagement. Il avait à la cour de Madrid, parmi ses pénitentes, une dame de qualité d’une haute perfection. Cette dame tomba dangereusement malade, d’une fièvre maligne, à laquelle les médecins ne pouvaient trouver de remède. Avertie du péril de mort où elle se trouvait, elle en fut accablée de chagrin, surtout par la crainte du purgatoire. Le père Eusèbe fit tout son possible pour lui donner du courage, de la soumission à la volonté de Dieu. Mais elle, toute troublée et terrifiée, différait de jour en jour à recevoir les sacrements, jusqu’à ce qu’elle tomba en léthargie, privée de toute connaissance, et prête à expirer. Le père, alarmé, se retira dans une chapelle voisine, et dit sa messe avec grande ferveur, priant Notre-Seigneur de rendre la connaissance à la malade, afin qu’elle pût recevoir les sacrements, avec de meilleures dispositions, avant de paraître devant lui. Il s’offrit à souffrir lui-même, durant cette vie, les tourments qui étaient réservés à la mourante au purgatoire. Dieu exauça sa prière si charitable. La messe était à peine achevée, que la dame revint à elle et si changée de dispositions, qu’elle demanda les sacrements et les reçut avec ferveur. Quand le père Eusèbe lui eût assuré qu’elle ne devrait plus craindre le purgatoire, elle se soumit à la mort et expira dans la plus parfaite tranquillité. A partir de cet instant, et pendant seize ans que vécut ce bon religieux, sa vie ne fut plus qu’un long martyre ; aucun remède ne pouvait soulager ses horribles douleurs. Ses prières continuelles n’étaient pas moins profitables aux âmes du purgatoire. Il avait un chapelet très riche en indulgences. Il eut le chagrin de le perdre. Le soir, il se mit à genoux, avec un grand désir de gagner, pour ses chères âmes, les indulgences de son chapelet tant regretté. Il priait avec ferveur, lorsqu’il entendit tout à coup, au plafond de sa chambre, un bruit singulier : il lève les yeux et voit tomber son chapelet. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes qu’il soulageait, qui le lui eussent rendu. Avec quelle ferveur il continua de le dire, surtout après une telle merveille.

Lundi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé dans sa cruelle flagellation,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle qui est le plus près d’entrer dans votre gloire
afin qu’elle commence bientôt à vous louer
et à vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Mois des âmes du purgatoire : 4ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »

Quatre-vingt-dix-septième apparition : « Une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences ici-bas »
Les peines de cette vie, légères ou graves, ne devraient pas nous abattre, parce qu’elles ne durent pas assez longtemps. Mais on ne peut en dire autant de celles du purgatoire, qui unissent la durée à l’intensité ; là, les heures paraissent des années. « Oui, dit Thomas a Kempis, une seule heure en purgatoire paraîtra plus longue que cent ans des pires pénitences d’ici-bas. » Nous lisons, dans les annales des pères Capucins, une histoire terrible sur ce sujet. Le P. Hippolyte de Scalvo, grand serviteur de Dieu, était animé d’un zèle très ardent pour la délivrance des âmes du purgatoire. Il priait et se mortifiait pour elles, et souvent, il prêchait en leur faveur, afin d’exciter les fidèles à faire comme lui. Il se levait de grand matin afin de réciter l’office des morts à leur intention. Toutes ses actions de la journée étaient aussi faites pour leur soulagement. Cependant, il était loin de se figurer les tourments de l’autre vie aussi terribles qu’ils le sont. Ce qui lui arriva bientôt, lui donna à cet égard, une effrayante lumière. Il fut envoyé en Flandre pour établir quelques maisons de Capucins. Parmi les religieux de ces maisons, il y en avait un qui avançait à grands pas dans le chemin de la vertu, lorsqu’il fut pris d’une maladie subite qui le conduisit rapidement au tombeau. La nuit suivante, le P. Hippolyte resta à prier dans l’église, après l’office des Matines. Tout à coup, il voit paraître devant lui le défunt, sous la forme d’un fantôme environné de feu et de flammes horribles, qui étaient à la fois ténèbres et lumière ordinaire au feu. Le spectre s’accusa à son supérieur, avec mille gémissements, d’une faute légère qu’il avait commise. « Donnez-moi, dit-il, la pénitence que vous voudrez, avec votre bénédiction, afin de me délivrer de ce manquement, pour lequel je souffre tant dans le purgatoire. » Le supérieur resta comme pétrifié. Telle fut sa terreur, en face de cette apparition, que, pour y échapper plus vite, il répondit précipitamment : « Autant que je le puis, je vous absous et vous bénis. Quant à la pénitence, puisque vous m’assurez que j’ai aussi le pouvoir de vous la donner, vous resterez en purgatoire, jusqu’à l’office de Prime, à huit heures, ce matin. » En se limitant à ces quelques heures, le saint homme s’imaginait faire acte de grande indulgence. Ce ne fut pas l’avis du mort ; car, à cette réponse, il témoigna une sorte de désespoir, comme si la foudre l’eût frappé : il courait dans l’église en criant : « O cœur sans pitié ! ô père qui n’avez point de pitié pour un cœur si affligé ! Quoi ! punir si terriblement une faute que, durant ma vie, vous auriez jugée digne d’une très légère pénitence ! Vous ignorez donc l’atrocité des supplices du purgatoire ! Ô cœur sans compassion ! » Et la vision disparut. Le supérieur, sentant ses cheveux se dresser sur sa tête était rempli de regret et de crainte. Il cherchait un moyen de revenir sur sa sentence, et ne savait à quoi se résoudre, lorsque Dieu lui inspira une pensée, celle de sonner la cloche et d’appeler les religieux à l’église. Quand ils furent rassemblés, il leur raconta vite ce qui lui était arrivé et on commença aussitôt l’office de Prime, en sorte que le défunt fut aussitôt délivré. Pendant les vingt ans que vécut encore ce supérieur, ce souvenir ne s’effaça pas de sa mémoire, et il répétait, dans ses sermons, cette parole de saint Anselme : « Après la mort, la moindre peine qui nous attend au purgatoire, est beaucoup plus grande que tout ce qu’on peut concevoir ici-bas. » Et dire qu’on ne songe pas à ce si terrible purgatoire, et qu’on vit comme s’il n’y en avait pas. Que de supplices on se prépare ! Quelle cruauté nous avons pour nous-mêmes ! Combien nous le regretterons, à la mort !

Dimanche
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre Fils Jésus a versé au Jardin des Oliviers,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, les plus délaissées de toutes ;
introduisez-les dans votre gloire
pour vous louer et vous bénir dans l’éternité. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

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Mois des âmes du purgatoire : 3ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Quatre-vingt-onzième apparition : Insensibles aux maux de nos parents et amis défunts ?
Gratien Ponzoni avait un zèle infatigable pour le salut des vivants et le soulagement des défunts. Devenu archiprêtre d’Arona, il se livrait tout entier au soulagement des âmes du purgatoire, par toute sorte de prières, pénitences, aumônes, etc. Il ensevelissait de ses propres mains les pauvres, les abandonnés, tous ceux que le monde méprise jusque dans le tombeau. Une maladie contagieuse se déclara à Arona, fit surtout mourir un grand nombre de soldats napolitains, en garnison en cette ville. Le fossoyeur s’éloigna avec terreur, redoutant la contagion. Le bon archiprêtre le fit venir, l’encouragea, et réussit à l’amener avec lui, durant la nuit, enterrer ces cadavres. Ce saint prêtre avait assisté un grand nombre de ces malheureux, à l’heure de la mort. Un jour, comme il passait près du cimetière, accompagné de don Alphonse Sanchez, alors gouverneur d’Arona, il s’arrêta tout à coup, les yeux fixés du côté des tombes, comme absorbé par un spectacle étrange. Le gouverneur regardait de la même façon et également terrifié. L’archiprêtre lui demanda : « Voyez-vous cette procession de morts s’avançant vers l’église, bien qu’elle soit fermée ? – Oui, répondit le gouverneur ; comme vous, je vois tout cela, et je n’en puis croire mes yeux Le bon prêtre comprit que ces âmes avaient besoin de prières, et aussitôt, il fit sonner les cloches pour faire réunir les fidèles à l’église. Il leur annonça, pour le lendemain, un office solennel en faveur des morts, et leur recommanda de faire beaucoup de prières et de bonnes œuvres pour eux. Leur ayant raconté la vision qu’il avait eue, il leur dit que ces âmes devaient être celles des soldats défunts. Ce saint prêtre ne se contentait pas d’être lui-même plein de dévotion pour les défunts, il s’efforçait de la répandre partout, recueillait de l’argent pour faire dire des messes pour eux, exhortait aux prières, bonnes œuvres, pénitences, aumônes, etc., en leur faveur. Pourquoi ne suivons-nous pas l’exemple de ce prêtre ? Pourquoi tant de chrétiens sont-ils toujours si insensibles aux maux de leurs parents et amis défunts ? Si nous ne secourons pas les morts, nous languirons à notre tour dans les feux du purgatoire. Ne l’oublions pas, dans notre intérêt.

Samedi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que, sous les yeux et à la très grande douleur de sa Mère,
votre divin Fils Jésus a versé de son Cœur,
délivrez les âmes du purgatoire
et, particulièrement, celle qui avait le plus de dévotion à Notre-Dame,
afin qu’elle commence bientôt, dans votre gloire,
à vous louer et à vous bénir en ell
et elle en vous pour l’éternité Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 2ème jour

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »


Quatre-vint-dixième apparition : Il faut être si pur pour entrer au paradis… ne manquons à la prière pour personne.
Quand les rayons du soleil couchant pénètrent dans nos maisons, on y voit tourbillonner des millions d’atomes qu’on ne voit pas ailleurs. Ainsi, des milliers de fautes sont invisibles à l’œil de notre conscience ; mais le Seigneur les voit très bien. Combien de nos parents et amis, nous estimons au ciel, et qui sont horriblement tourmentés au purgatoire ! Le pape saint Grégoire le Grand rapporte que plusieurs des plus pieux religieux de saint Benoît endurèrent, après leur mort, de longs et cruels supplices au purgatoire. Il parle entre autre du cardinal Paschase. Il avait vécu dans une grande réputation de sainteté. Quand il mourut, dans les sentiments de la plus vive piété, personne ne douta qu’il ne fût allé droit au ciel. Il opéra même plusieurs miracles après sa mort. Au jour des funérailles, un possédé du démon, touchant les ornements du défunt, tout le monde vit le démon en sortir à l’heure même. Mais les jugements de Dieu sont bien différents de ceux des hommes. Il y avait peu de temps que Paschase était mort, lorsque saint Germain, évêque de Capoue, le vit paraître devant ses yeux, sous la forme d’un domestique, réduit à la plus dure condition. Il supplia l’évêque d’avoir compassion de sa misère et de prier pour lui, ajoutant qu’il en aurait une éternelle reconnaissance. Germain s’empressa de prier et d’offrir le saint sacrifice de la messe pour le défunt. Au bout de quelques jours, il lui fut révélé qu’il était délivré et monté au ciel. S’il faut être si pur pour entrer en paradis, quand y entrerons-nous ? Évitons le mal et faisons le bien.

Vendredi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par le Sang précieux
que votre divin Fils Jésus a, en ce jour, sur l’arbre de la croix, versé de ses mains et de ses pieds,
délivrez les âmes du purgatoire
et, en particulier, celle pour laquelle je suis tenu de prier davantage,
afin que ce ne soit point par ma faute qu’elle n’entre pas aussitôt
dans votre gloire pour vous louer et vous bénir éternellement. Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.

Divers

Mois des âmes du purgatoire : 1er jour

Suite du livre commencé l’an passé

Tiré du livre d’or des âmes du Purgatoire, par M.-J.-S. Benoît de J., prêtre (Montréal, 1925)
« Ce volume, contient (…) cent cinquante récits de merveilleuses apparitions des âmes du purgatoire. Tous ces traits extraordinaires ont été tirés des écrits de maîtres très renommés de la vie spirituelle. »
Quatre-vingt-septième apparition : « Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur » (Lc 16, 9)
Christophe Sandoval, archevêque de Séville, fut merveilleusement secouru par les âmes du purgatoire. N’étant encore qu’un enfant, il distribuait aux pauvres une partie de l’argent qu’on lui donnait pour ses menus plaisirs. Devenu grand, sa piété envers les morts augmenta avec les années ; il donnait, pour eux, beaucoup de choses qui lui étaient utiles et nécessaires. Étant à l’université de Louvain, il arriva que l’argent, qu’il attendait de ses parents, tarda à venir, et qu’il se trouva sans le sou, pas même pour manger. Il eut la tristesse de ne pouvoir faire l’aumône à un pauvre, qui la lui demandait pour l’amour des âmes du purgatoire. Il en eut un si grand chagrin, qu’il entra dans une église, pour prier au moins pour ces chères âmes. Il n’avait pas fini sa prière, qu’il vit venir à lui un beau jeune homme, en habit de voyage, qui lui donna des nouvelles du marquis de Dania, son père, de ses autres parents et amis, absolument comme s’il arrivait d’Espagne. Il finit par le prier d’aller dîner à l’hôtel avec lui. Sandoval ne refusa pas cette offre, parce qu’il n’avait pas mangé de la journée. Ils se mettent à table, et continuent de s’entretenir pendant le repas, après lequel l’étranger lui remit une somme d’argent, lui disant d’en faire ce qu’il voudrait, puis se retira. Or, quelles que fussent plus tard, les démarches du pieux Sandoval, il ne put jamais découvrir son protecteur inconnu ; jamais l’argent ne fut réclamé, et il se trouva que c’était exactement la somme dont il avait besoin, pour attendre ses lettres en retard. Il se persuada que le ciel avait fait un miracle, en lui envoyant une des âmes du purgatoire, que ses prières et ses aumônes avaient soulagées. Ce fut aussi la croyance du pape Clément VIII, auquel il raconta ce fait. Ce pontife lui fit un devoir de publier ce prodige, afin que les fidèles fussent excités, par là, à prier et à faire l’aumône pour les défunts. Sandoval, devenu archevêque, fit son possible, durant toute sa vie, pour répandre la dévotion en faveur des âmes du purgatoire. Combien d’argent on dépense inutilement, pour des plaisirs d’un moment ! Si on l’employait surtout à faire dire des messes pour les défunts, il nous serait tôt ou tard infiniment plus profitable, après avoir tant soulagé les pauvres âmes du purgatoire. Faisons-en donc dire, si nous le pouvons.

Jeudi
Seigneur, Dieu tout-puissant,
je vous en conjure par la Chair et le Sang de votre divin Fils Jésus,
que lui-même, la veille de sa douloureuse Passion,
il a donnés en nourriture et en breuvage à ses Apôtres,
et qu’il a laissés à son Église tout entière comme un sacrifice perpétuel
et l’aliment vivifiant de ses fidèles,
délivrez les âmes du purgatoire, et, tout particulièrement,
celle qui a le plus de dévotion à ce mystère,
afin qu’avec votre divin Fils et l’Esprit-Saint
elle vous loue éternellement dans votre gloire Ainsi soit-il.

V/. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.
R/. Et que la lumière sans fin brille sur eux.
V/. Qu’ils reposent en paix.
R/. Amen.